29 mars 2021

La Chine somme H&M et d’autres de ne pas se mêler de politique Par Reuters

Par admin2020

© Reuters. XINJIANG: LA CHINE SOMME H&M ET D’AUTRES DE NE PAS SE MÊLER DE POLITIQUE

par Cate Cadell

PEKIN (Reuters) – La Chine a déclaré lundi que le groupe de prêt-à-porter suédois H&M (ST:) ainsi que d’autres entreprises étrangères devraient agir avec prudence et ne pas faire de politique, après les préoccupations exprimées par les groupes occidentaux quant aux suspicions de travail forcé dans la région du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine.

Les commentaires des marques H&M, Burberry , Nike (NYSE:), Adidas (DE:) et d’autres quant à la production de coton dans la région ont suscité depuis la semaine dernière le tollé et des appels au boycott d’internautes chinois.

“Je ne pense pas qu’une entreprise devrait politiser ses décisions financières”, a déclaré Xu Guixiang, un porte-parole du gouvernement du Xinjiang, lors d’une conférence de presse lundi matin. “H&M peut-il encore de gagner de l’argent sur le marché chinois? Plus maintenant.”

Un second porte-parole du gouvernement, Elijan Anayat, a déclaré lors du briefing que les Chinois n’étaient pas intéressés pas les produits proposés par des entreprises telles que H&M et Nike. Il s’est déclaré prêt à accueillir des entreprises étrangères dans la région afin qu’elles puissent voir les champs de coton.

H&M n’avait pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaires.

Mercredi, les médias d’État chinois ont pointé du doigt H&M pour une déclaration rapportée par les médias l’année dernière, dans laquelle le détaillant suédois se disait profondément préoccupé par les informations de travail forcé au Xinjiang, et affirmait ne pas s’approvisionner en produits provenant de cette région.

La frénésie des réseaux sociaux, déclenchée par l’appel du gouvernement à empêcher les marques étrangères de ternir le nom de la Chine, a poussé les internautes à rechercher d’autres déclarations de détaillants étrangers sur le Xinjiang. Nike, Adidas ou encore Burberry (L:) se sont ainsi retrouvés dans la tourmente.

Le boycott de ces marques de mode coïncide avec les sanctions imposées contre Pékin par l’Union européenne, les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada la semaine dernière. Washington a condamné la campagne sur les médias sociaux et a publiquement accusé Pékin de génocide contre les musulmans Ouïghours du Xinjiang.

Xu Guixiang a rejeté à plusieurs reprises les accusations de génocide et de violation des droits de l’Homme dans la région et accusé les pays occidentaux de manipulation politique destinée à déstabiliser la Chine.

“Ils ont perdu la tête et leur conscience, ils sont enthousiasmés par la manipulation politique et l’abus de sanctions, à un niveau hystérique”, a déclaré lundi Xu Guixiang.

“Leur véritable objectif en fabriquant la question du génocide est de perturber la sécurité et la stabilité en Chine”, a renchéri Anayat Elijan.

Les Nations Unies sont en “sérieuses négociations” avec la Chine pour obtenir un accès sans entrave à la région du Xinjiang afin de vérifier les informations selon lesquelles les Ouïghours musulmans sont persécutés, a déclaré lundi le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres.

Des défenseurs des droits de l’homme et des experts de l’Onu estiment qu’au moins un million de Ouïghours sont détenus dans des camps dans le Xinjiang, où ils seraient soumis au travail forcé, à la torture et à des campagnes de stérilisation, des accusations rejetées par Pékin.

(version française Lucinda Langlands-Perry, édité par Blandine Hénault)




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